top of page
Rechercher

47 – Le schéma d’imperfection / honte« Si on me connaît vraiment, on me rejettera. »

« Ne reste pas silencieux. Laisse ton cœur parler. Car même brisé, il sait chanter. »

— Molānā

47 – Le schéma d’imperfection / honte

« Si on me connaît vraiment, on me rejettera. »


1. Cette voix intérieure qui murmure : “Tu n’es pas assez bien”

Il y a des personnes qui, derrière un sourire ou une réussite apparente, vivent avec un sentiment diffus de honte. Une impression de défaut intérieur, d’insuffisance fondamentale. Elles peuvent réussir professionnellement, être appréciées, entourées… mais au fond, elles pensent : “Si les gens voyaient qui je suis vraiment, ils me rejetteraient.”

Ce schéma de l’imperfection / honte naît souvent dans l’enfance, lorsque l’amour reçu est conditionnel, quand les critiques sont fréquentes ou que les figures parentales projettent leurs propres blessures. L’enfant intègre l’idée que quelque chose en lui n’est pas aimable : son corps, ses émotions, ses désirs, sa personnalité même.


2. Ce qu’on ne montre pas, par peur du rejet

Adulte, la personne masque ses zones de vulnérabilité. Elle s’autocensure, perfectionne son image, devient “gentille”, performante ou effacée. Elle redoute le conflit, le regard des autres, la critique. Chaque erreur est vécue comme une preuve de sa “nullité”.

« En séance, ces personnes décrivent souvent un sentiment diffus d’inadéquation, comme si quoi qu’elles fassent, ce n’était jamais suffisant, ou jamais vraiment “elles-mêmes”. »

« Peu à peu, la honte a étouffé quelque chose à l’intérieur, comme si l’élan de vivre devait toujours passer par un filtre, un doute, une retenue. »

3. Cinq visages de la honte : études de cas


1. Élise – La honte d’exister (41 ans, hétérosexuelle)

Élise est arrivée en thérapie après une rupture. Son compagnon lui avait dit : « Tu ne laisses jamais personne t’aimer. » Cette phrase l’a bouleversée.

En explorant son histoire, elle a parlé de son père : un homme dur, exigeant, qui la rabaissait devant tout le monde. Et de sa mère, silencieuse, qui ne l’a jamais défendue. Élise a grandi avec l’impression que, quoi qu’elle fasse, ce ne serait jamais suffisant. Elle a appris à être irréprochable — mais froide.

En thérapie, nous avons reconnecté à cette petite fille qui voulait juste être acceptée. Élise a compris que sa honte n’était pas "elle", mais le fruit de blessures anciennes. Elle a commencé à parler de ses peurs, de ses manques, sans avoir honte. Et c’est là que les liens les plus vrais ont émergé.

2. Réda – Le corps comme ennemi (34 ans, homosexuel)

Réda est venu consulter pour une profonde crise de confiance. Il évitait les miroirs, les relations intimes, les regards.

Enfance marquée par des moqueries sur son corps, une puberté tardive, une culture familiale où la virilité était un devoir… Réda a peu à peu construit l’idée qu’il était laid, dégoûtant, indésirable.

Pendant des années, il a compensé par le savoir, le travail, la réussite. Mais dès qu’il se sentait vu autrement que par son intelligence, la panique revenait.

En séance, il a osé nommer ses croyances : « Je suis une erreur. » « Je fais honte. » On a travaillé sur l’image du corps, non pas pour l’aimer immédiatement, mais pour en faire un lieu habité, et non rejeté. Réda commence à s’ouvrir aux autres, avec pudeur et dignité, et découvre que l’intimité n’est pas réservée aux "parfaits".

3. Sanaz – L’enfant brillante et docile (28 ans, bisexuelle)

Sanaz a grandi dans une famille très performante. Être belle, bonne élève, polie, serviable. Voilà le contrat implicite. Elle a rempli ce rôle à la perfection. Mais à l’intérieur, elle étouffait.

C’est en tombant amoureuse qu’elle a senti le schéma resurgir : peur d’être jugée, de ne pas être "assez" intéressante, de montrer ses doutes. À chaque dispute, elle se disait : « Voilà, il/elle va découvrir qui je suis vraiment… et partir. »

En thérapie, elle a compris qu’elle avait intégré un conditionnement : valoir seulement si elle ne dérange pas. En reconnectant à ses émotions, à ses envies, à son besoin d’exister pleinement, Sanaz a commencé à se montrer dans ses nuances. Moins parfaite, mais plus vraie. Et plus aimable, au sens profond du mot.

4. Hassan – Le militant à la rage cachée (46 ans, hétérosexuel)

Hassan a grandi dans un contexte de précarité et d’injustice. Enfant, il a vu son père humilié par les institutions, sa mère se taire pour ne pas aggraver les choses. Il a vite intégré que son nom, sa langue, son accent faisaient "tâche". Alors il s’est tu… jusqu’au jour où il s’est engagé dans une association de quartier, puis dans des luttes sociales.

Mais à chaque prise de parole, il avait le cœur qui battait, la gorge serrée. Une partie de lui se disait : « Tu n’as pas le droit d’être là. »

En thérapie, nous avons travaillé à déconstruire cette honte héritée : celle d’avoir été perçu comme "en trop", "hors-norme". Hassan a appris à s’exprimer sans craindre l’humiliation. Il a compris que la rage qu’il portait était aussi une mémoire d’amour blessé. Et que son engagement devenait plus fort, plus juste, quand il parlait aussi depuis sa vulnérabilité.


5-Amina – La militante silencieuse (34 ans, engagée socialement)

Amina travaille dans une ONG et milite activement pour les droits humains. Elle porte haut les valeurs de justice, mais se tait sur ses blessures. Elle dit souvent : "Mon histoire n’intéresse personne."

Elle est venue en thérapie après un burn-out. Elle se sentait vide, inutile, honteuse de ne plus pouvoir aider. Dans l'enfance, elle avait grandi dans un milieu où parler de soi était vu comme de l'égoïsme. Elle a donc mis son énergie au service des autres, en oubliant sa propre humanité.

En séance, nous avons remis du lien entre ses luttes extérieures et ses blessures intérieures. Amina a compris que sa vulnérabilité n’était pas une tache, mais un point d’ancrage pour sa compassion. Elle a commencé à parler d’elle, d’abord à ses proches, puis dans certains cercles militants. Et elle a découvert qu’on ne la rejetait pas : au contraire, on s’en rapprochait.


4. Fonctionnement intérieur du schéma

Quand le schéma est activé, plusieurs parties émergent :

  • L’enfant honteux : “Je suis défectueux.”

  • Le parent critique : “Tu dois cacher ça, personne ne doit le voir.”

  • Le perfectionniste : “Si je contrôle tout, je ne serai pas rejeté.”

Le travail consiste à faire émerger l’adulte sain : celui qui sait que les blessures viennent du passé, que l’imperfection n’est pas une faute, que l’amour ne se mérite pas par le masque.

5. Pratiques concrètes

  • Nommer la honte : écrire ce qu’on n’ose pas dire, et se relire avec tendresse.

  • Partager un pan de vulnérabilité avec une personne de confiance.

  • Travailler le regard dans le miroir, sans jugement, juste présence.

  • Remplacer la phrase “je suis nul” par “j’ai le droit d’apprendre”.

  • S’imaginer enfant, et lui dire : “Tu es aimable. Même avec tout ça.”

6. Conclusion – Honte et humanité

La honte nous fait croire que nous devons cacher pour être aimés. Mais c’est l’inverse : plus nous nous montrons, plus nous donnons aux autres une chance de nous aimer pour vrai. Et plus nous aimons nos parties blessées, plus elles se transforment.


À méditer

“Tu n’as pas besoin de devenir quelqu’un d’autre. Tu as seulement besoin de te souvenir de qui tu es.”
Paulo Coelho
Si vous vous reconnaissez dans ce schéma, sachez qu’il est possible de sortir de cette prison intérieure. Le travail thérapeutique permet de déconstruire les croyances de honte, de retrouver une relation plus douce à soi, et de s’autoriser à être aimé(e (tel(le) que l’on est. Pour entamer ce chemin, vous pouvez réserver une séance personnalisée ici : www.e-coach.fr/book-online.

 
 
 

Commentaires


bottom of page